Haute-Loire : "Double maille", un film pour expliquer

https://www.gobages.com/peche-mouche/haute-loire-double-maille-film-expliquer-131273.html

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Une initiative intelligente pour le repeuplement des rivières, il faut savoir que la truite Fario n’est en capacité de reproduction qu’entre 30 et 35 cm selon le poisson et son environnement!

Bonjour.
Une bonne idée cette double maille, à méditer. :slight_smile: La vidéo est bien sympa :relaxed:

Beau film, vallée magnifique. J’aime beaucoup cette approche de la gestion halieutique.

Je passerai revoir ma chère Loire cette été…

Salut a tous
Tres bonne initiative et tres belle réalisation vidéo. Il faut vraiment saluer le travail innovant fait dans le 43 entre le parcours surdensitaire a ombre sur le bas Allier, la possible réouverture de la peche du saumon et ce parcours double maille. Ca bouge et ca va dans le bon sens. :heart_eyes:

Celà étant dit, je suis plus que circonspect sur l’idée que celà va permettre aux truites de grandir plus vite en conservant “les bon gènes” dans la population. On a maintenant une abondante littérature scientifique sur le sujet qui montre que le prélèvement a la ligne n’induit pas de phénomène de nanisme. La raison c’est qu’il existe des forces naturelles contraires qui sélectionent les individus a croitre le plus vite possible pour échapper a la prédatation ou s’accaparer les meilleures caches ou encore dominer sur les frayères. Ces forces là sont toujours bien plus forte en intensité que la sélection artificielle induites par le prélèvement a la ligne.
L’idée que la double maille va permettre a la population de truite de grandir plus vite n’a aucun fondement scientifique. Si les truites grandissent lentement dans le MC c’est parceque les paramètres abiotiques du milieux (ex : teneur en minéraux/nutriment, pente, T°C etc…) brident la productivité générale des cours d’eaux…
A+
J

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Peut-être pas plus vite mais je pense que le nombre de géniteurs de belle taille va s’accroître.
Je l’ai vécu sur le même type de parcours (avec 1 seul poisson jour autorisé) en Norvège depuis 7 ans. Double maille 35-40 cm pour les ombres et no-kill total pour les truites. La 1ère année où j’y ai pêché, on prenait beaucoup de poissons entre 35 et 40 cm. Aujourd’hui, je prends régulièrement des poissons entre 45 et 50 cm.

A plus,

Patrick

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Absolument, l’effet possible sera démographique (+ de poisson agés) mais pas d’effet génétique (rétention des gènes de croissance rapide).

A+
J

Quoi que, les poissons grossissant vite resterons moins longtemps dans la fenêtre de prélèvement que ceux à croissance lente, du coup leurs chances de finir au congélateur devrait être un peu plus faible et donc il y a des chances qu’ils soient un peu plus représentés dans la population des +35 que dans le reste de la population, ce qui devrait augmenter la présence de ces gènes dans les générations futures si l’on considère que les meilleurs reproducteurs ce trouvent dans cette population.

Ça ce tiens comme raisonnement?

En espérant que ce soit respecté par tous.

Il serait intéressant d’avoir l’avis d’un collègue pêchant la Maronne sur l’aapp de Pleaux.En tout cas l’initiative ne peut être que saluée en espérant qu’elle fasse des émules.

Depuis des années cette idée avait été émise pour les rivières de l’est (Loue , Doubs ,bra,dessoubre ect ) avec une taille de 30 à 36 cm et 1 poisson /jour. Mais beaucoup trop impopulaire.Les truites de la Loue et de la rivière d’ain se reproduisent encore à 60 cm .De 36 à 60 , combien d’année gagnées en bonne reproduction?.

Excellente nouvelle! en espérant que ce genre de mesures fasse des émules

Super. Belle initiative.

J’espère qu’on verra cette double taille naître prochainement dans les Pyrénées !
a+

Enfin ! On commence à réfléchir un peu dans certaines régions…c’est malheureusement pas prêt d’arriver en Haute-Garonne ce genre d’initiative, raison pour laquelle je prends depuis des années maintenant mon permis à QUILLAN…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que 3 jours après le lancement, ce petit film et les idées qu’il porte font parler. Quelques corrections et précisions à apporter sur ce qui a été dit:
-Concernant taille et reproduction: je connais des rivières affluents de la Loire sur le plateau ardéchois où les truites se reproduisent à 18-20 cm (par exemple le Gage sur la partie amont du barrage du Peyron). Classiquement la maturité sexuelle de la truite est atteinte à l’âge de trois ans: la taille n’a aucune influence.
-concernant la non influence du prélèvement sur la taille. Je ne suis pas tout à fait d’accord sur le fait que le prélèvement n’induit pas de phénomène de nanisme: je reprends à nouveau l’exemple du Gage qui depuis 60 ans maintenant est coupé de sa partie aval par le barrage faisant partie du complexe de Montpezat (détournement du bassin versant de la Loire sur l’Ardèche). Cet ouvrage est non seulement une barrière physique mais aussi une barrière “génétique” puisque depuis 6 décennies, aucun brassage génétique n’a eu lieu avec l’aval. Lorsqu’on conjugue cet aspect à un prélèvement alimentaire de tradition sur ces rivières, on arrive à des truites de 3 ans qui peinent à atteindre 18-20 cm: le changement de maille (23cm) n’a eu que très peu d’influence et il est toujours extrêmement rare de piquer des poissons de plus de 25cm sur cette rivière, preuve peut-être d’un nanisme de cause anthropique.
-Sur un plan génétique, la croissance est soumise à l’expression combinée de plusieurs gènes: la loterie . Si on ajoute effectivement les conditions propres au milieu, on a en plus des facteurs limitant. L’idée serait de nous rapprocher plus d’une sélection d’individus que d’une véritable sélection génétique: c’est ce que fait empiriquement l’homme depuis des millénaires dans les domaines de l’élevage et de la domestication. L’objectif est simplement de permettre aux gros poissons (donc aux plus résistants et plus adaptés) de se reproduire, cela devrait dynamiser progressivement une génétique mieux adaptée à la rivière, et si en plus on pouvait obtenir des gros poissons?
Merci Ă  tous pour vos commentaires : un bel encouragement pour notre Ă©quipe.

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Est-ce que les plus gros poissons sont plus résistants ou mieux adaptés ? Ça dépend ! Adaptés à quelles conditions, à quels milieux ? Après tout, si les poissons sont de plus en plus petits (postulat de départ de cette mesure), c’est peut-être justement qu’ils se sont adaptés à des conditions particulières qui sélectionnent des poissons à maturité plus précoce, à croissance plus lente, etc, comme dans l’exemple de PM où la “nanification” semble plus due à la présence du barrage à l’aval qu’à une pression de pêche exagérée sur les plus gros individus, même si les causes probables sont anthropiques (barrage, changement climatique ou pêche).
Par contre, ce qui me semble intéressant, c’est l’importance du linéaire concerné et la dynamique associative autour de ce projet.
Un suivi de la population est-il prévu autour de cette mesure ?

Re :

L’age de maturitĂ© sexuelle chez la truite dĂ©pends de beaucoup de facteurs dont la taille. Il est tres variable d’une rivière a une autre, y compris sur un mĂŞme BV. Le critère des « 3 ans Â» est une moyenne, a la louche, qui sert surtout de norme administrative. Par chez moi, sur des rivière de plaines productives, une bonne partie des males 0+ sont spermiant (15cm) et les femelles 1+ (25cm) sont matures. InversĂ©ment il est courant en haute altitude d’avoir des truites qui maturent a 3+ voire 4+ pour les femelles atteignant pĂ©niblement 17 ou 18cm… => Size matters.

Admettons. Mais dans ce cas, comment expliquer que sur des rivières comme la Touvre ou la Sorgue (par ex.), soumise depuis des décénnies a une pression de peche et de prélevement tres intense avec des TLC foncièrement inadaptée, qu’il est possible d’avoir encore des taux de croissance aussi rapide avec des truites a 3 ans qui dépassent allègrement les 40cm ? Il est quand même évident que la pression de prelevement n’a aucun effet sur la croissance sur toutes ces rivières riches et productives. Du coup, même sans aller chercher des éléments d’analyse chiffrés et documentés dans la littérature scientifique, chacun peut se rendre compte que cette histoire de nanisme, même si elle refait surface régulièrement dans les milieux aquatiques, repose avant tout sur des idées recues.

Le raisonement serait pertinent si le taux de mortalité naturel au sein des cohortes était faible et si la pression de prélevement par l’homme était le paramètre principal qui affectait la survie des truites. C’est possible a la chasse par exemple mais heureusement, on sait que se n’est jamais le cas pour ce qui nous concerne. Il est en effet généralement admis des taux de mortalité naturel bien supérieur a 50% par génération, bien plus encore a la première génération. En fait, la pression de prelevement par l’homme est compensée par des taux de mortalités naturel plus faible. Cet effet de compensation, qui est pratiquement systématiquement ignoré dans les milieux halieutiques, explique en grande partie pourquoi une intense pression de prélevement humaine n’entame pas la dynamique d’une population de truite (et encore moins son patrimoine génétique !). Et c’est heureux car si c’était l’inverse, il n’y aurait plus une truite en France depuis bien longtemps !
Au final c’est bien la sélection naturelle qui domine, et de tres loin, et se sont ces forces naturelles là (la prédation, les maladies, la sélection sexuelle…) qui éliminent les individus les plus chétifs et les moins adaptés au milieu.

Je termine en disant que les grosses truites se sont quand mĂŞme des Ă©motions incroyables :heart_eyes:et un spectacle de la nature :heart_eyes: qui suffisent a mes yeux a justifier des politiques de protection des gros poissons comme les « slots limits Â» ou les fĂŞnetres de captures , nul besoin d’aller chercher des arguments biologiques pas bien convaincant.

A+
J

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