Restauration, par ou commencer?

Bonjour à tous,

Retour sur le sujet, petite syntaxe si ça peut servir à certains.

La problématique principale c’était pourquoi il n’y a plus de truites sur la rivière et que peut-on faire pour rétablir/augmenter la population?

Tout a été dit dans ce sujet

Pour restaurer un milieu il faut déjà essayer de comprendre donc se documenter sur le fonctionnement d’un cours d’eau.

Il y a beaucoup de ressources disponibles gratuitement en ligne.

La deuxième chose c’est s’entourer et demander l’expertise des acteurs de la pêche et de la rivière. Il y a des gens dont c’est le métier de documenter tout ça. Syndicat de rivière fédé et bien sûr aappma qui peuvent vous appuyer.

Enfin, il faut prendre le temps de digérer les informations et agir ou non en conscience de tout ce qui a été dit et de ce qui peut être fait.

J’espère pour les truites de chez vous que des actions seront possibles et pertinentes.

Bien à vous

Arnaud

À part changer le climat chez nous dans le département de la Dordogne, c’est mort. Quand il reste un peu d’eau, Elle est trop chaude.

Tu peux regarder toutes les ressources gratuites sur internet que tu veux, faire toutes les interventions idéales sur le papier, ça n’y fera pas plus que de pisser dans un violon

Fred

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Sauf si on va tous à pisser au Mont dore à la source de la Dordogne pour monter le débit :wink:

Tous pareil chez moi Gartempe en haute Vienne la thermie à mis fin à tous débat.

Il m’a fallu très longtemps pour digérer, accepter mais voilà les faits sont là, la rivière est bardé de poissons blanc parce qu’il ont leurs place et que c’est eux les poissons d’avenir. C’est mort pour les salmonidés et aucun aménagement n’y fera rien. J’avais encore un poil d’espoir avant cette année mais la la messe est dite ont avait en juin des niveaux de fin août une eau à 26° et c’est certainement un des été les moins chaud du reste de nos vie donc bon.. malheureusement c’est réglé.

Je suis en weekend à la Bourboule j’ai même pas pris ma canne. Je vais suivre tes recommandations attention à la vague à Argentat :rofl:

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Pour ceux que cela intéresse, voici une autre ressource sérieuse disponible en ligne (311 pages, 2016) permettant d’acquérir quelques éléments de connaissance et d’analyse supplémentaires :

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Les guides méthodologique

Gest’eau

Et pour les aménagements piscicoles le livre de J.arrignon

Aménagement piscicole des eaux douces

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Salut,

Oui, mais nous devrions peut-être sortir de l’idée qu’on ne restaure que pour les salmonidés. Une rivière qui retrouve de la diversité et de l’activité hydromorphologique est précieuse de toute façon, et le sera toujours plus qu’un chenal endigué, rectifié ou recalibré sans ripisylve ni dynamique alluviale - qu’il héberge encore ou non des truites. Qu’elles soient à 14 ou 23°C, les eaux vives sont importantes en soi, et il y a bien d’autres espèces qui en profitent et en ont grand besoin. Ce n’est pas parce que l’avenir des salmonidés dans nos eaux d’Europe centrale et occidentale est fortement compromis qu’il faut cesser tout engagement en faveur de nos cours d’eau, et se dire que les actions de restauration sont inutiles.

Le bras de rivière dont je tente de prendre soin a vu pour la première fois depuis des décennies des scènes de frai de chevesnes : c’était magnifique, et je m’en suis beaucoup réjoui. J’ai vu ces poissons gober dans un petit courant que j’ai créé il y a quelques semaines, aux côtés d’une petite truite isolée qui piochait sur le fond. Spectacle inespéré ! Le cincle, la bergeronnette, le martin-pêcheur et le héron, si rares jusqu’à peu, se montrent de plus en plus souvent et se régalent de la vie benthique qui reprend, et j’ai pu admirer l’autre jour une première magnifique couleuvre serpenter sur les eaux pour regagner son abri dans un amas de branches que j’avais confectionné sans songer qu’il puisse servir à cet effet. Odonates et batraciens sont de plus en plus visibles dans les zones lentiques à l’arrière des épis, la flore typique des berges humides s’installe progressivement et ravit l’oeil du botaniste, et le castor parsème de plus en plus les lieux des signes de sa présence silencieuse, reprenant et renforçant mon travail avec un sens des écosystèmes et de l’eau qui me surpasse largement. Tout ce qui converge vers un retour de la vie, même minime - la première libellule, le premier iris, le premier trichoptère, le premier banc d’alevins - dans un écosystème qui tendait vers l’asphyxie est à célébrer.

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C’est génial et très porteur d’espoir ce que tu as fait.

Et oui clairement on va sur le secteur de l’aappma prendre soin du cours d’eau, du mieux qu’on peut.

Merci pour cette belle vision orpailleur

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Pour amender les propos « d’Orpailleur » que je partage totalement, outre la biodiversité au sens large, un bassin versant en bon état est important pour la ressource en eau, tant en qualité qu’en quantité. Il existe un réel intérêt pour la société à restaurer la morphologie des cours d’eau, c’est ​le meilleur moyen naturel pour :

  • ​se protéger contre les grosses inondations, qui ont des impacts sur la sécurité des biens et des personnes ​;
  • ​améliorer la qualité d’eau (avec la capacité d’autoépuration) ;
  • ​la disponibilité de l’eau en tant que ressource​, que ce soit pour​ l’eau potable, pour ​les process industriels, pour l’agriculture ou les activités forestières (absolument nécessaire de maintenir de l’eau dans les nappes et les systèmes aquatiques pour que les forêts continuent ​le stockage de carbone)​ ;
  • s’adapter au ​c​hangement climatique ​(création d’îlot de fraîcheur, rôle de régulation thermique​…)
  • ​favoriser ​l’économie locale (ex : conchyliculture ​d​épendante de la qualité d’eau dans les estuaires​ ; l’activité touristique qui peut subir les effets des cyanobactéries ou autres…)
  • ​le développement des territoires ​: ​les collectivités développent des stratégies pour compenser tous les services ​"mal rendu​" par des cours d’eau en mauvais état​. Or, cela veut dire de déployer des moyens colossaux pour le faire, ça coûte cher, c​e n’est pas durable et ça ​g​énère souvent d’autres problèmes par la suite. Donc conserver des ​c​ours d’eau dégradé​ a un coût économique durable et ça vient limiter les processus de développement du territoire (Il paraît difficile de rajouter des pressions supplémentaires sur des cours d’eau déjà en mauvais état) ;
  • évidemment, un environnement plus favorable à la biodiv​iersité, et aux pêcheurs !

Ce ne sont que des exemples loin d’être exhaustifs, mais qui évoquent de nombreux intérêts à restaurer l’hydromorphologie.

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Oui, merci @Macklepech pour ces précisions bienvenues. Dans le contexte actuel de sécheresse historique et d’incendies massifs, on voit d’ailleurs toute l’importance d’une restauration de la continuité latérale des cours d’eau, détruite par les recalibrages et les endiguements, et de leur reconnexion avec les nappes latérales d’accompagnement, désormais asséchées. À large échelle, une telle restauration permettrait de réhydrater d’immenses étendues de terres souffrant de la sécheresse systémique induite à l’échelle continentale par la chenalisation des cours d’eau et le drainage généralisé des fonds de vallées, qui assoiffe l’Europe depuis des décennies. Nos territoires ont été sciemment et massivement asséchés bien avant le réchauffement, qui se charge à présent de mettre le feu à la poudrière.
Une restauration bien menée permet également de lutter contre le phénomène d’incision dont souffrent une grande majorité de nos cours d’eau. En aggradant le lit des rivières, on relève le niveau des nappes souterraines d’accompagnement, et on recrée latéralement des zones humides. Face aux défis actuels, les rivières ont bien plus à nous apporter que les Canadairs.

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