Retenues collinaires et grands barrages d'irrigation

Bonjour,

Par rapport à l’Aragon dont la moyenne par retenue doit être autour de 400 millions de m3, nous sommes plutôt dans quelques centaines de milliers de m3 qui, traduit en litres, impressionnent le béotien qui est aussi contribuable.

D’où, mon questionnement, en terme d’impact environnemental et de pêche, quel est le pire

  • une retenue de 110 millions de m3 (expl : Charlas) ou
  • 122 retenues de 0,9 million de m3 (expl : 122 Sivens ou/et Caussade) ?

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Le pire? Les deux !!

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Ce serait sans doute mieux de restaurer les zones humides !
Ou à tout le moins empêcher qu’elles disparaissent petit à petit.

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Ça ce n’est pas le moins pire de ma question.

C’est le mieux, le meilleur !!!

Comme partout, dans notre département, elles ont pris cher ! Le plus visible est la partie du fleuve Aude entre Trèbes et la Mer.

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Bonjour,
J’ai vu passer aux infos un court reportage sur le retour du castor en France,
Les riverains des rivières qu’il recolonise sont bien embêtés, non seulement il ronge les troncs des arbres afin de les abattre, mais en plus il construit des petits barrages !
Ce qui a pour effet de faire déborder certains cours d’eau, inondant les champs et les vergers les plus proches, occasionnant parfois des difficultés d’accès ou des pertes de récolte,
Les naturalistes interviewés à cette occasion nous disent que la Nature reprend ses droits, et que cet animal participe à la restauration des zones humides, et qu’il apporte également des bienfaits à la biodiversité,
Je vous invite à lire ou relire les écrits de John Gierach sur les étangs à castors, qui, lorsqu’ils sont un peu anciens et bien établis, peuvent abriter des truites ou d’autres espèces animales et végétales de grande valeur !
Que du positif, donc, dans le grand cycle de la vie,
Pour en revenir à la question de ce fil, le castor est en train de réaliser, bénévolement et sans béton, des centaines de retenues,
Cela ne remplacera certainement pas tout ce qui a été perdu, mais à mon avis ça va dans le bons sens, qu’en pensez vous ?
Bien cordialement,

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Tu as deux conférences très intéressantes pour comprendre le rôle que peut avoir le castor dans un écosystème.

https://www.youtube.com/live/0vBSdeuv_5w?si=yzoF1AqX_Vi97Zh8

On est bien loin du curage des ruisseaux réclamés par certains.

Fred

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Bonjour Fred, et merci pour ces liens,
Les conférences sont très intéressantes, les commentaires aussi, j’aime !
Ecouter ces personne fait du bien, je comprends mieux aussi la notion " d’espèce parapluie " comme peuvent l’être les grands prédateurs ( orques, requins, loups, lynx, etc… )
Plus j’avance en âge, et plus je me demande pourquoi l’être humain met autant d’énergie à détruire sa propre biosphère ?
Cupidité, aveuglement, bêtise, jalousie ?
L’argent et le pouvoir peuvent rendre fou :roll_eyes:, mais c’est un autre débat !
bien cordialement,

Dans le même registre

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Bonjour,

Lu, sur la chaine catalane TV3, un article qui aborde une problématique peu mise en avant sur les effets des retenues d’eau :

Une traduction rapide :

Pourquoi la suppression des barrages et seuils des cours d’eau réduit l’effet de serre.

La suppression de ces barrières est impopulaire en période de sécheresse, mais elle contribue à atténuer le changement climatique, selon les experts.

En Catalogne, il existe 1 100 barrages, seuils ou ouvrages sur les cours d’eau. Parmi eux, seuls 28 sont de grands barrages. L’Agence Catalane de l’eau (ACA) en aura supprimé 115 d’ici 2027. Ce sont des barrières qui ont un impact majeur sur la biodiversité aquatique, mais qui sont également à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre. Une équipe de scientifiques de l’ICRA et du CSIC l’étudie.

Les seuils accumulent beaucoup de sédiments de la rivière, et selon Rafa Marcé, chercheur scientifique au Centre d’études avancées de Blanes du CSIC, cela a d’autres conséquences :
« C’est un habitat très favorable à la génération de méthane. En fait, si on y regarde de près, il est facile de voir des bulles de méthane à la surface de l’eau, là où il stagne. »

Le méthane est l’un des principaux gaz à effet de serre qui emprisonne 28 fois plus de chaleur que le dioxyde de carbone. Sa durée de vie dans l’atmosphère est plus courte et elle a continué à augmenter ces dernières années. La réduction des émissions est donc vitale pour limiter le réchauffement climatique.

Une équipe de scientifiques de l’ICRA et du CSIC, dirigée par le chercheur Rafa Marcè, étudie si les émissions de dioxyde de carbone et de méthane diminuent lorsque ces verrous sont levés. Ils mesurent les concentrations de ces gaz, à l’aide d’une cloche à gaz flottante, dans les sections où se trouvent des barrages ou des obstacles dans la rivière, avant et après leur élimination. Les résultats préliminaires confirment que lorsque ces verrous sont levés, les niveaux de gaz à effet de serre diminuent.

Photo
Le fleuve Ter, au niveau de la retenue de Susqueda (ACN/Gerard Vilà)

Si l’eau coule, le méthane disparaît

Lorsqu’un tel obstacle est placé dans la rivière, des sédiments s’accumulent ; un habitat parfait pour les micro-organismes qui les décomposent et libèrent du méthane. Il s’agit de méthanogènes qui vivent dans des environnements sans oxygène. L’eau agit comme une barrière contre l’atmosphère et, en outre, de nombreux organismes sont désireux de consommer de l’oxygène. Pour cette raison, la matière organique accumulée reste anoxique.
Au contraire, lorsque l’eau s’écoule librement vers l’aval, elle entraîne les sédiments et le méthane disparaît. Les autres matières organiques qui se déposent sur les bordures ne génèrent pas d’émissions de méthane car les micro-organismes méthanogènes sont enfouis et ne produisent plus ce gaz.

Elsa Bisbal, technicienne de recherche ICRA :
« Maintenant que nous sommes en période de sécheresse, il est mal vu de démolir les barrages. Mais si cette eau n’est plus utilisée, c’est un moyen d’atténuer le changement climatique. »

Rafa Marcè ajoute :
« C’est une manière de décarboner le paysage des émissions d’origine humaine. »
Il souligne qu’il s’agit d’émissions d’origine anthropique car ce sont des barrières artificielles que nous avons mises en place.
« Jusqu’à présent, ces émissions de méthane n’ont pas été prises en compte. Il faut donc commencer à remettre en question ce discours selon lequel l’énergie hydroélectrique, mais aussi la mini-hydroélectricité, serait une énergie sans empreinte carbone. »

Une barrière aussi pour la biodiversité

L’Agence catalane de l’eau (ACA), en décembre 2023, a retiré une écluse de 6 mètres de haut de l’ancienne colonie industrielle Rio (Cne de Monistrol de Calders) pour rétablir le cours du ruisseau de Calders (affluent du Llobregat). L’un des objectifs est d’améliorer la mobilité des espèces. Ces barrières fluviales sont l’une des principales raisons du déclin de nombreuses espèces de poissons d’eau douce, notamment migratrices.

Elsa Bisbal, technicienne de recherche à l’Institut catalan de recherche sur l’eau, donne comme exemple le cas de l’anguille, comme l’une des espèces migratrices touchées : « Avant, l’anguille atteignait le cours supérieur et maintenant on ne la trouve plus qu’à l’extrémité de l’Èbre. »

Et le fait est qu’en Catalogne, nous perdons plus de biodiversité dans les zones fluviales que dans les zones agricoles et forestières.

Les administrations européennes suppriment ces structures obsolètes pour améliorer leur connectivité écologique. L’impact est cumulatif car ils sont très nombreux. L’année dernière, d’ici 2023, 487 barrières ont été supprimées dans 15 pays européens. Ces initiatives ont permis de reconnecter plus de 4 300 kilomètres de rivières, ce qui a contribué à restaurer les écosystèmes et à améliorer la résilience climatique.

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