Ayant eu quelques désagréments avec le dernier né des moulinets Delacoste, je poste ici un petit retour d’expérience. Il s’agit donc du Loxus SA, un moulinet semi-automatique en aluminium identifié comme Toc/nymphe. Personnellement, j’ai opté pour un montage à l’espagnol, puisque de toute façon ce moulinet ne peut pas accueillir de soie (à la rigueur une 0,55, mais je ne sais même pas si c’est recommandé). Petit, léger (180g environ), plutôt réussi sur le plan esthétique et apparemment robuste, il fait bonne impression. L’idée était d’acquérir un moulinet inspiré d’un Vivarelli, mais avec une manivelle de combat et un guide-fil en sus. Bref, un moulinet inspiré d’un modèle éprouvé, mais légèrement modernisé et vraiment dédié à la pêche en nymphe… et tant pis pour la polyvalence puisque de toute façon, je prends toujours deux cannes pour aller pêcher.
Bref, voici le modèle en question (photo issue du site de Marc Delacoste, peut-être un proto car le mien a quelques petites différences cosmétiques, mais la question n’est pas vraiment là).
Après l’avoir manipulé en magasin et comparé au JMC Yoto Nymph (les cotes sont identiques), je finis par me laisser séduire car le Delacoste est sensiblement moins cher et quasiment similaire, sauf un point auquel je n’ai pas prêté attention et qui va s’avérer plus tard problématique.
A la suite de ma première session de pêche, je constate en rangeant mon matériel, que la goupille censée fixer la gâchette au corps du moulinet sort de son logement. Pas trop inquiet, je la repousse avec le poinçon de mon canif pour qu’elle rejoigne sa place. Deuxième sortie pêche et rebelote en pleine action de pêche, la goupille décide encore de se faire la belle. Démontage en règle à la maison et je constate que cette goupille n’a aucun système de sécurité, elle est parfaitement lisse et ne tient que par la tension exercée par le ressort de la gâchette, ce qui n’est visiblement pas suffisant.
Bref, j’amène le moulinet chez mon détaillant, qui file dans son atelier, bricole deux minutes et me rend ensuite le Loxus en m’indiquant que tout est réglé. Vous vous doutez bien que non et lors de la sortie suivante, mêmes causes, mêmes effets.
Du coup, malgré la garantie, je décide de régler le problème moi-même. Pas envie d’avoir le moulinet immobilisé pendant tout le mois d’août voire davantage, alors que je suis en vacances et que j’ai le temps d’aller à la pêche (d’autant plus qu’il n’y a pas de raison que la conception du moulinet soit revue en SAV). Je démonte le moulinet à nouveau, je vérifie de quelle manière est fixée la gâchette, je prend les cotes de la goupille et je file au magasin de bricolage. Pas de bol, ils n’ont pas ce qu’il faut. Pas grave, je commande sur le web, vis, écrou et rondelle, ainsi qu’un tube de frein-filet. Après réception du matériel, j’ai viré cette foutue goupille et remonté la gâchette avec cette fois une fixation qui, je l’espère, sera plus fiable.
J’avais envisagé de tarauder le logement de la vis et d’utiliser une vis parfaitement dimensionnée (14mm de longueur pour 3mm de diamètre), ce qui m’aurait dispensé d’une rondelle et d’un écrou supplémentaires, mais finalement j’ai opté pour une solution, certes moins élégante, mais un poil plus simple. De plus, si en dépit du frein filet l’ensemble se dévisse un peu, j’aurai le temps de m’en apercevoir. Alors, c’est un peu moins esthétique, mais bon, personnellement je suis un peu plus rassuré. D’ailleurs, après avoir jeté un nouveau coup d’oeil au Yoto Nymph de JMC, j’ai pu constaté que la gâchette sur ce modèle est fixée par une vis et non pas par une simple goupille.
Voilà, loin de moi l’idée de casser du sucre sur le dos des produits proposés par Marc Delacoste, mais bon, autant prévenir la communauté des défauts éventuels de ce moulinet. Peut-être suis-je malchanceux, peut-être suis-je le seul à avoir hérité d’un modèle défectueux, mais au regard de ce que j’ai observé de la conception de ce moulinet, j’ai comme un léger doute. Pour le reste, lorsqu’il fonctionne, c’est un super moulinet, qui m’a permis de prendre de belles petites truites dans l’Adour et le gave de Pau. Je compte bien le garder et pour l’instant ça tient, même s’il faudra un peu plus de recul pour en être certain.



