Disparition des éphémères

Un article du monde sur la disparition de l’équivalent de nos mannes aux US (genre Hexagenia)

(paywall)

L’article scientifique est ici -paywall encore, quelle plaie !!- :

https://www.pnas.org/content/early/2020/01/15/1913598117

La figure principale parle d’elle même :

De toutes évidence il se passe quelques choses depuis les années 2000. Les auteurs évoquent trois stresseurs principaux qui agiraient en synergie : l’eutrophisation, le réchauffement du climat et les pesticides néonicotinoïdes… :pensive:

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J

C’est dramatique. Et on mesure mal à quel point ce type d’effondrement silencieux et invisible au plus grand nombre se répercute sur toute la chaîne alimentaire, brisant des écosystèmes entiers.
Merci pour le lien.

L’année passée, au terme d’une synthèse d’envergure, deux chercheurs des universités de Sydney et du Queensland concluaient :
«Il est évident que nous assistons à la plus grande extinction d’insectes sur Terre depuis la période du permien tardif et du crétacé. A moins de changer le mode de production de notre alimentation, les insectes vont prendre le chemin de la disparition en quelques décennies [d’ici la fin du siècle]. Ce qui aura des répercussions catastrophiques pour les écosystèmes de la planète, et c’est un euphémisme.»
Si on ajoute ça aux effets annoncés du réchauffement climatique pour la même période, on se rend compte que tout risque d’aller encore bien plus vite que prévu. Tout est en train de se surdéterminer…

La synthèse en question, publiée dans Biological Conservation :

Et tout ça va très vite :

Bonjour,

Aux USA parce que nous sommes très « voyeur de la paille dans l’œil du voisin, mais pas de la poutre dans le nôtre » ?

Pour le second, enfin une étude en anglais ! Ça commençait à manquer ! :rofl:

à +

On a eu de la chance de connaître l’époque où les populations d’insectes étaient encore abondantes. Vis à vis des autres groupes d’animaux dont l’extinction était déjà bien entamée (poissons d’eau douce, mammifères, oiseaux) la situation des insectes avait quelque chose d’anachronique.

Malheureusement la loi chimique, destructrice, prédatrice humaine sera la même pour tous : une diminution des effectifs d’un facteur multiple de cent.

Les éphémères, insectes primitifs sont bien trop fragiles pour résister aux bouleversements de la planète et de ses cours d’eau. Et ce n’est que le début. La beauté d’une mouche de mai ne pèsera pas bien lourd lorsqu’il faudra de l’électricité pour remplir les batteries d’une voiture ou du maïs pour engraisser bœufs destinés à finir en hamburgers.

Fred

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La messe est dite… :weary:

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Bonjour,

Pour amener un peu d’optimisme :

  • les moteurs électriques consomment entre deux et trois fois moins d’énergie que nos moteurs à explosion pour une même puissance délivrée et sont quasiment propres,

  • La consommation des viandes baissent de façon régulière en France et à cesser de monter et se stabilise à la baisse en Europe. La demande est et sera de plus en plus sur des viandes de qualité donc le plus possible à l’herbe. 76% des français sont contre l’élevage intensif.

Pour ce qui est, à mon avis les polluants les plus dangereux car « cachés », il y a une prise de conscience par exemple sur les perturbateurs endocriniens.

Sur certaines rivières, il y a le retour des mannes …

à +

P.S : les perturbateurs endocriniens sont un excellent argument pédagogique pour pousser au noKill, En effet, si les pêcheurs, généralement des mâles, veulent bien « mourir de quelques chose », c’est quand même en continuant d’avoir des érections le plus longtemps possible !
En tout cas c’est ce que j’explique aux bas du front quand ils s’étonnent de me voir remettre un poisson à l’eau. Et je peux vous dire que ça semble les marquer !

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Je ne sais pas si c’est foutu. L’autre situation étudiée dans l’article des PNAS concerne le lac Erie où Hexagenia avait presque complètement disparu dans les années 50 avant de se refaire la cerise d’une façon spectaculaire a partir des années 70, puis de nouveau effondrement dans les années 2010. Ce qui est notable c’est quand même la résilience très forte de ces populations d’invertébrés, a condition qu’on prenne des mesures fortes !

A+
J

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tout cela plaide en faveur de plus de connaissance , en même temps l’agence de l’eau réduit ses subventions à la qualité de l’eau … on est mal barré !

Disparition certainement, changements des especes c’est sûr. La petite rivière que je peche depuis 15 ans, a vue la modification des especes. Beaucoup moins de « grosses » mouches aussi bien éphémère que tricoptheres. Les densites et temps des eclosions ont aussi diminué.

C’est dailleurs une des raisons qui m’a pousser a me mettre au streamer.

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En 2018, le comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) publiait les résultats d’une étude sur l’état des populations d’éphémères en France métropolitaine, parvenant à la conclusion que plus d’une espèce d’éphémères sur cinq est actuellement menacée de disparition sur le sol français.

Extrait :
"Du fait de leur phase larvaire sensible se déroulant en milieu aquatique, les éphémères nécessitent une bonne qualité d’eau pour accomplir leur cycle de vie, ainsi qu’une diversité de micro-habitats, tels que des graviers, galets, roches, bancs de sable ou racines d’arbres des rives. La dégradation et la régression de ces habitats naturels constituent les principales menaces pour ces espèces, résultant de la conjonction d’un grand nombre de facteurs d’origine anthropique.

Certains facteurs contribuent à la modification de l’écoulement, du débit et du lit des cours d’eau. C’est le cas par exemple de la construction de digues, de barrages ou de microcentrales hydro-électriques, auxquels s’ajoutent l’aménagement et l’entretien des berges et le dragage des fonds. L’intensification des pratiques agricoles constitue une autre pression importante, avec par exemple le pompage pour l’irrigation ou la mise en culture de zones humides en tête des bassins versants. Les stations de sports d’hiver, par le prélèvement d’eau pour les canons à neige, et les activités sportives d’eaux vives, affectent également les milieux dans lesquels vivent ces espèces.

D’autres pressions contribuent à la dégradation de la qualité des eaux, que ce soit en termes de composition chimique ou de température – le réchauffement réduisant la quantité de dioxygène dissous disponible. Les rejets de polluants urbains, les effluents agricoles issus de l’élevage intensif et les effluents industriels, dont ceux des eaux de refroidissement des centrales nucléaires, menacent particulièrement les éphémères. C’est le cas également des effluents dus aux activités touristiques saisonnières, comme dans les campings ou les stations de montagne, aux structures d’épuration parfois sous-dimensionnées. L’exploitation forestière altère aussi la qualité du milieu, lorsqu’elle repose sur des essences modifiant l’acidité des sols. Enfin, ces espèces liées aux eaux douces subissent l’impact des usages de l’espace à grande échelle, comme le lessivage des sols dû à l’agriculture intensive, le drainage des terres cultivées et l’extension des surfaces urbaines imperméabilisées.

Parmi les autres nuisances, la pollution lumineuse affecte directement le cycle biologique des éphémères, attirant les adultes et réduisant leurs chances de reproduction.

Les résultats de cet état des lieux montrent avant tout l’importance d’améliorer la qualité des cours d’eau et de restaurer leur naturalité, pour préserver ces espèces au rôle clé dans les écosystèmes et essentielles comme indicatrices de l’état de santé des milieux aquatiques.

Le résultat final de l’étude est présenté sous la forme d’un tableau synthétique réunissant les 142 espèces d’éphémères étudiées :

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Bonsoir aux gobnautes !
J’ai les cheveux gris et oui !
Je me souviens que dans les années fin 1970 début 1980 je pechais dans des petits ruisseaux types 'chalck stream ’ il y avait des éclosions massives de BWO ET BAETIS NIGER !!! Quand est t-il aujourd’hui c’était dans le sud est !
Les dinausaures aussi ont disparus ! Qui vivra verra :smiley:
Bon weekend

Bonjour,
chez nous toujours beaucoup d’insectes sur les rivières de plaine calcaire notamment de mouche de mai (tricho également mais ils sortent quand on n’a plus le droit de pêcher!) mais souvent ce sont les poissons dessous qui manquent…

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Une chouette vidéo sur le sujet :

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J

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Merci @John78 et aux autres d’évoquer ce sujet qui selon moi est trop souvent ignoré. En 4 années de pêche, je n’ai jamais vu une truite gober sur ma rivière, ni d’éclosion digne de ce nom. Quand j’entends les vieux parler de la belle époque ça me remonte sacrément. Mais je reste optimiste.

Les mentalités changent petit à petit et les voix contre les pesticides s’amplifient. Je vous invite à prendre connaissance de l’appel lancé par « Nous voulons des coquelicots ». Cette association milite pour l’interdiction pur et simple des pesticides de synthèse et une agriculture alternative, saine.

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/l-appel/

Je vous invite également à partager cet appel, avec vos proches, amis, appma, etc. Discutons de manière constructive avec nos représantants, et surtout avec les agriculteurs avec qui nous partageons souvent le même espace.

Cordialement,

N.

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Slt,

Cela ne sera pas l’aube t’as rivière ?

@+

Oui! J’adore ton blog. Bien sur quand je parle de « ma rivière » c’est pour dire là où je pêche le plus souvent :slight_smile: . Et en aval de Bar sur Aube c’est pas jojo les eclosions… Est-ce que c’est le fait que l’Aube coule au millieu des vignes?

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Disons que cela fait parti des choses qui n’aident pas…

Un peu tendu en ce moment sur l’aube :rofl: t’aurai pas une ruisseau sympa autour de chez toi ?

@+

:slight_smile: Vu le niveau d’eau ça va être compliqué la pêche dans le coin. Je suis à l’étranger en ce moment mais si j’étais toi… j’attenderais que ça descende. Mais si ça te démange trop, va voir du côté du Landion ou de l’Arlette. En tout cas les lâchés de truite de foire sur Brienne et Jessains ont été reportés à plus tard. Bonne chance!

Assez pour moi les bassines, je serai patient.

Une nouvelle étude vient démontrer de façon claire le lien entre la présence de certains pesticides ou leur métabolites et la diminution des insectes.

Sciences et Avenir: Le Fipronil affecte la santé écologique des rivières.

Fred