Nokill : Quand elles ne veulent plus rien

Salut,

J’ai pour la première fois expérimenté le fait de prendre à plusieurs reprises une vingtaine de truites et de voir leur comportement à force d’être prises puis relachées. Bloquées sous un seuil hors crue elles n’ont presque aucun moyen de changer de coin.
A l’ouverture c’était l’euphorie, je me suis régalé avec une phaisant tail bille cuivre H14 en nav. Le lendemain c’était beaucoup plus difficile, mais avec une bille noire j’ai réussie à retrouver du succès. Puis le même programme s’est répété sur plusieurs jours jusqu’à que je n’arrive plus à en prendre une seule ! Je les vois, donc je peux adapter ma pêche en fonction de leurs comportements, mais maintenant que faire ??? J’ai tenté plein de modèles différents, plus rien ne marche, même en petite taille h20, alors qu’elles sont en train de nympher ! Claire, foncé, petit, gros, tag, loudes, légères,…

Cette expérience démontre que les truites fario n’ont pas la mémoire d’un poisson rouge. La question que je me pose, c’est combien de temps faudra t’il a ces truites pour oublier ?

Il me reste un truc à tester : Baisser le diamètre du fil, c’est quelque chose que j’ai du mal à admettre, mais je vais essayer de passer du 12/100 au 8/100 pour voir…

Avez-vous des expériences similaires ?

Est ce qu’elles continuent à manger lorsque tu proposes en vain tes mouches ? L’eau est peut-être très claire et elles ont détecté ta présence. Mais je suppose que tu as fait une approche des plus discrète et que tu connais le coin comme ta poche.

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Oui elles se nourissent, elles sont bien actives la plupart du temps, mais très rarement en surface. D’où une pêche en nymphe presque exclusive.
Pour le fait qu’elle me voient, c’est possible… Mais elles finissent par oublier ma présence, elles viennent se caller juste devant moi, parfois elles se décallent en voyant ma nymphe comme si elles avaient vu le diable !
C’est marrant à voir :slight_smile:

bonjour,
et c’est là que l’on touche du doigt la limite du No Kill !!! Réussir à faire en sorte que des poissons ne s’alimentent plus normalement et à terme dépérissent. Il serait plus judicieux de les laisser tranquilles avant qu’elle ne se laissent mourir de faim car nourriture égale danger.(reflex de Pavlov)

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Ton raisonnement semble logique mais alors dans les fait ça ne marche pas du tout comme ça pour les truites dont je parles.
Elles nymphent en permanence devant moi. Elles ne veulent pas prendre mes imitations mais ça ne les empêchent pas de se nourrir.

Mais je te rejoins sur le fait que ça devient un poils pervers l’histoire. J’aimerais arriver à les reprendre à coup sûr avant de les laisser tranquille. Parce que là j’ai la chance de les voir mais si je ne pouvais pas les voir je serais incapable de prendre une truite et en plus j’aurais l’impression que la rivière est vide !

Es-tu sur que ce qu’elles mangent suffira à leur survie?

Je ne suis pas nutritionniste pour truite, mais vu ce qu’elles s’enfilent et leur silhouette je crois qu’elles ne sont pas à plaindre :slight_smile:

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À moment donné, on touche à une limite physique de diamètre du fil, de la présence de l’hameçon et de l’éducation des poissons.

À cette saison, la liste des insectes présents sur l’eau est réduite.

J’ai connu cette situation dans les Pyrénées avant la fonte une année. C’était l’enfer pour les intéresser alors qu’elles bouffaient toute le journée.

Il a fallu reprendre les bases (observer et passer par l’étau) pour pouvoir attraper tous ces poissons. Et quand je dis tous…

Fred

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Salut.
J’ai fais la même observation, des truites qui gobent « rien » ou presque par eau basse, sans éclosion depuis la semaine de l’ouverture sur un No kill.
Passer en h22 sur du 8/100 , pourquoi pas mais pour se faire casser à chaque fois ou épuiser un poisson complètement…
Il faut un changement de temps, une montée des eaux, du vent… là on retrouve quelques chances.
A+++

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On aura tout ça la semaine prochaine. Et c’est un bien pour les rivières et les sources.

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Justement je me demande si en pêchant mieux et/ou plus juste je pourrais les attraper ou bien si c’est juste presque impossible.

Oui, c’est possible. Tu n’as juste pas la bonne imitation. Je l’ai déjà expliqué, pour faire baisser le niveau de vigilance du poisson vis à vis du fil ou de l’hameçon il faut lui présenter les bons signaux.

Il faut qu’au moment où il prend ta mouche, il soit déjà dans le coup d’après. Un poisson voit une proie, il identifie les signaux qui lui plaisent. S’il est persuadé que c’est de la nourriture, la nourriture qu’il mange 200 fois par jour, il enclenche le pilote automatique de la prise en bouche. Et s’il est parfaitement persuadé de ce qu’il fait, le fil, l’hameçon ne compte plus et surtout au moment où il prend, il pense à autre chose, à la prochaine proie qu’il va prendre. Et tout devient facile.

Je suis intimement persuadé que la solution au problème que tu rencontres est la même que celle que j’ai rencontré dans les Pyrénées.

Il faut que tu repartes des bases : observer les insectes qu’elles prennent, monter des protos et les affiner. Mets au point le bon modèle et vu ton niveau technique, tu prendras tous les poissons qui se présenteront. Avant qu’ils ne s’éduquent.

Fred

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Je pense que justement maintenant elles sont éduquées et qu’il va falloir jouer sur les détails: hameçons mat, nymphe qui évoluent correctement dans la colonne d’eau (de bas en haut), peut-être aussi le diamètre du fil et les matériaux de montage de la nymphe…tout l’intérêt de la pêche !

Je viens justement de remplacer le dubbing de lièvre par du CDC et j’ai pris des hameçons noir.
Mais après tout c’est peut-être juste mes dérives qui sont mauvaises.

Je tente ma dernière chance ce soir avant le confinement :slight_smile:

Comme tu le dis c’est tout l’intérêt… C’est super excitant de préparer quelques protos et de tenter sa chance sur ces pauvres malheureuses :laughing:

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Trois fibres pas plus. :nerd_face:

Mettre au point ses mouches permet de présenter aux poissons des imitations qu’ils n’ont jamais vues.

C’est un sacré avantage sur ces parcours très pêchés que d’avoir des mouches originales. Je me souviens d’une partie de pêche sur du champagne avec des truites soit disant imprenables aux dires de celui qui m’avait invité. :thinking:

Elles ne devaient pas connaître mes mouches. :rofl:

Fred

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Salut !
J’aimerai bien savoir avec quels style de mouche tu as réussi ce jour là dans les Pyrénées !!
:innocent: :smile:

Ce n’était pas difficile à savoir. Elles en avaient un plein bide. Il a suffit de récupérer les viscères d’une truite sacrifiée par un pêcheur préleveur et le tour était joué.

Sur trois protos, deux ont marché au premier coup. Assez rare pour être signalé. Comme ces poissons avaient basé leur système défensif non pas sur la fuite à l’approche du pêcheur mais sur une extrême sélectivité des proies, ça a été un carnage avec la bonne mouche.

La solution est comme quasiment toujours dans l’observation. On voit des mecs sauter dans l’eau avec un train de deux nymphes préparées la veille au soir et ne même plus prendre le temps de regarder ce qu’il y a sur l’eau. C’est triste.

Fred

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J’ai longtemps eu mes « 2 ou 3 mouches fétiches », celles qui avaient marché la veille. J’essaie maintenant de ne plus tomber dans ce mauvais choix, et passe plus de temps assis au bord de l’eau, à observer, sans toujours comprendre, d’ailleurs. Mais j’aime ce côté mystérieux de notre passion qui nous pousse à toujours tout remettre en question.

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Verdict… Elles étaient à la surface ce soir ! Et si je n’ai pas trouvé la nymphe qui prend à tous les coups, j’ai trouvé une sèche qui marche bien plus que la moyenne : cerque 2 poils chevreuil marron, corps antron marron bien fin cerclé de fil jaune pale et aile en CDC entre le spent et le montage en V. Premier passage ça prend, sur ce parcours je n’ai jamais réussi à les faire monter aussi facilement ! Enfin jusqu’à ce qu’elles soient éduquées peut-être :smiley:

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Étant encore un « jeune » pêcheur peu chevronné, je m’exerce à l’étau en montant des classiques mais je commence à voir les limites de cette stratégie. Malheureusement j’habite loin des rivières que je pêche, du coup mon temps d’observation est limité et se fait au détriment du temps de pêche…
Puis le soucis c’est que quand j’essaie d’observer ce qui passe à la surface (et en dessous) de l’eau, je ne vois souvent pas grand chose. Y a t’il une méthode ou des outils adaptés pour pouvoir observer correctement?