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Revenir au bambou refendu?

merçi monsieur de Lespinay pour votre contribution, le sujet est inepuisable…

Salut,

En ce moment sur Season, « La canne en bambou », un film très sympa sur 3 amis, facteurs amateurs, de cannes en refendu. De grands passionnés qui conçoivent même les outils pour construire leur cannes. De la technique, des rivières basques et une belle histoire d’amitié. :wink:
A+

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+1… Un régal ce reportage ! Ça m’a un peu fait penser aux tontons flingueurs, cette joyeuse équipe de « papis moucheurs ».

Celui de la bande qui est encore plus passionné par les outils que par les cannes qu’il fabrique, ça m’a bien plu aussi… toute cette ingéniosité et cette modestie, c’est remarquable :+1:

Ça m’a donné envie de le regarder à nouveau ce soir :star_struck:

PS. Je n’arrive pas à trouver le teaser, mais c’est ça en résumé :
https://programmetv.ouest-france.fr/documentaire/la-canne-en-bambou-187848737/

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N’ayant pas Season’s, je regrette de ne pas pouvoir voir ce reportage.

Par contre, le résumé de « Ouest France » est inexact, quand ils parlent d’un matériau plus cher que la carbone.

Même s’il s’agit d’un bambou spécifique (Tonkin), il faut compter seulement une quinzaine d’euros pour un refendu.

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Bonsoir,
En France : Bernard Rigal.
En Angleterre : Luke Banister. Les rivières sur lesquelles pèche Luke sont très proches des ruisseaux et petites rivières parfois bien encombrées de Normandie et basse Normandie. Son modèle Superfast est fait pour ce type de cours d’eau
Aux Etats-Unis : Per Brandin (très cher, très « mental », esthétique puissante), Marc Aroner (très cher aussi) et Bob Taylor (moins cher, mais cher tout de même, son atelier a brûlé fin 2020) sont parmi les meilleurs facteurs actuels. Les cannes de Bobby Taylor sont à mes yeux sans pareil, elles ont une âme, une beauté qui leur est propre, et leur action douce est divine (la 7pied soie de 4 est une pure merveille). D’autres, tels Walt Carpenter (très cher), ou le moins connu mais tout aussi excellent Denis Menscer (moins cher, tout aussi excellent, sous son label Little River) ou encore Rick Robbins ( Un peu moins cher, tout aussi excellent lui aussi). Enfin, Bernard Ramanauskas, après avoir officié chez Scott, produit sous le label Eden Cane des refendues au modernisme racé et aux profils semi rapides très étudiés;
Au Canada : Don Andersen. Pour les amateurs de petites cannes soie de 2, il a ses profils propres, ses cannes sont excellentes, très durables, et beaucoup moins chères que ses confrères américains. Prix d’une carbone haut de gamme.
Au Japon : Akimaru (horriblement cher) est sans doute un des meilleurs facteurs actuels.
Dans les cannes « vintage », Leonard (périodes Bob Taylor, Marc Aroner,Tom Maxwell) et Thomas&Thomas sont incomparables dans leurs grandes périodes (Les premières séries de T&T, notamment la série « individualist », où officièrent les deux Tom, Maxwell et Dorsey, dans les années 70, avec Aroner et quelques autres, offrent quelques profils absolument divins, notamment les modèles « Caenis » 6 à 7 pieds soies de 3 à 4, admirables, ou la série Paradigm). Sur Ebay, on trouve des Orvis (series Madison et Batenkill) qui sont d’excellentes cannes pour la pèche, à des prix très abordables : attention à bien étudier l’état de ces cannes (ligatures, viroles, blanks) avant achat.
En Autriche, Walter Brunner, après avoir produit des triques sous la ferrule d’un garde-pêche fameux de la Traun, produisit à la fin de sa vie de rares et admirables cannes en refendu (la parenté avec Jim Payne est évidente). Ces cannes sont difficiles à trouver (séries Sensitive, etc.) et extrêmement recherchées.
Des dizaines de facteurs, en Europe et dans le monde, produisent des cannes de qualité, modernes, aux antipodes des préjugés sur le refendu. Essayez-en une, vous aurez du mal à revenir au carbone!
Bonne pêche!

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PS : un très beau documentaire sur quelques uns des américains cités ci-dessus :
« chasing the taper »

Merci pour cette liste précise des facteurs de canne ! J’aimerais avoir nombre de ces modèles dans les mains histoire de les sentir se plier…
Juste pour illustrer le propos, la photo que j’ai postée l’autre jour…

Une Brunner pielach, c’est la série sensitive évoquée plus haut. Une canne bluffante de légèreté, précision et énergie !

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Bonjour
J’ai vu le reportage sur season hier soir:vraiment très très bien.Qu’une envie :le regarder à nouveau !

Bonjour;

La célèbre marque américaine Winston fait aussi des refendus depuis pas mal d’années.

Les heures doréés de Winston : quand Glenn Brackett et Tom Morgan étaient à la manoeuvre! Je n’ai pas essayé la production actuelle mais la qualité doit de toute façon être au rendez-vous (leurs cannes sont de tradition douce à lente). Pour Glenn Brackett, voir sa firme actuelle Sweetgrass; Pour Tom Morgan, c’est autre chose : pêcheur et « designer » légendaire, il fonde dans les années 90 avec sa femme Gery Tom Morgan Rodsmith, sa propre compagnie. Atteint d’une maladie dégénérative qui le paralyse progressivement, il compense par un génie créatif dont sa femme est l’exécutante attentive et talentueuse, de même que la petite équipe réunie autour de lui. Jusqu’à sa mort, en 2017, il produira sous son nom des refendues parmi les plus renommées, de même qu’une hallucinante série de fibres de verre (« Unity of the universe ») et des carbones sans égal pour qui les a essayées et adoptées (c’est mon cas). Il a eu une très grande influence sur les facteurs américains actuels. Sa femme et lui avaient revendu peu avant sa disparition à deux entrepreneurs et pêcheurs respectés (ils ont leur logique et leurs manières), mais le mieux est d’attendre de voir passer une canne conçue du vivant de Morgan… On trouve encore, chez Winston, la fameuse « Tom Morgan favourite », 8,6 pieds soie de 4 (celle qui est à mes yeux la meilleure dans son équivalent chez TMR). Sinon, Scott, Thomas@Thomas, et Orvis continuent de produire des refendues de grande qualité!

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Merci pour ce compte-rendu.

Je viens de faire un petit tour sur le site de Winston. La Tom Morgan est toujours au catalogue. Mais c’est la 8 pieds soie 4. Pas la 8.6.

Les bambous, elles sont hors de prix.

J’ai eu la chance de pouvoir essayer mais non pêcher avec (ce qui relativise mon propos) bien des cannes de grands monteurs, et j’avoue que ce sont souvent plus de - très - beaux objets que de bonnes cannes. Là aussi c’est un des pièges de la « bambouphilie ». Pour moi une canne en bambou doit avant tout être bonne à ce pourquoi elle a été prévue : bien lancer, bien tenir le poisson, et durer. Je me suis toujours refusé à entrer dans le cycle infernal de la course au bel objet de préférence exotique et de prix inabordable (on est snob ou on ne l’est pas) et dont l’expérience et l’essai en conditions réelles m’a appris que ce n’était pas toujours et même pas souvent un bon « objet pêchant ». Cela ne m’empêche pas de rechercher la beauté de l’objet, comme une ‹ ‹ valeur ajoutée › ›. Mais paradoxalement la qualité des fibres du bambou peut aussi constituer son défaut, car c’est un matériau qui réagit bien, en ce sens que même un mauvais profil peut donner la sensation de constituer une bonne canne, surtout si elle est jolie à regarder, alors qu’elle vieillira assez vite si on n’entre pas dans le calcul la notion d’égale contrainte des fibres externes chère à Daniel Brémond. Et c’est pour cela que des profils « pifométriques » de trop de constructeurs amateurs peuvent donner des cannes agréables à utiliser, mais pour une durée assez brève. Je le regrette car cela donne une image faussée des possibilités réelles du bambou lorsqu’un profil est bien calculé. Par exemple les profils Pezon ou Garrison sont incohérents. C’est assez logique pour ce qui est des Pezon puisque les auteurs procédaient pas approximation (le pifomètre); cela l’est moins pour Garrison qui avait fait tous les calculs concernant les masses volumiques et l’élasticité du bambou, mais a appliqué des méthodes de contraintes incohérentes, sans doute pour correspondre à ce qu’étaient les cannes et les habitudes des lanceurs de son époque. Le film où l’on voit Garrison en ralenti lancer avec une de ses cannes est accablant à cet égard. Je renvoie au chapitre 12 de mon livre sur le sujet, mais surtout au site de Daniel Brémond qui a fait une approche totalement scientifique et mathématique de l’action des cannes (https://www.daniel-bremond.faivre.ml)

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Certes, mais une Bob Taylor 7 pieds soie de 4, ou une T&T Caenis 6pieds5 soie de 4 par Maxwell, disons que tout « marche » d’un seul tenant de manière admirable, je n’y peux rien mais c’est ainsi, ce sont des cannes merveilleuses pour la pêche, et si ce sont aussi de beaux objets, pourquoi s’en priver?

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Il ne faut surtout pas s’en priver dès lors que l’objet est bon pour ce à quoi on l’a fait. Je crois avoir essayé de rendre belles les « bonnes cannes » que j’ai pu construire. Cela paraîtrait bien immodeste de le dire, mais n’étant pas l’inventeur des profils, qui sont de Daniel Brémond, je me sens à l’aise pour affirmer que A L’USAGE (ce qui change tout) ses profils (en particulier Alcibiade et Bourrasque) ne m’ont jamais déçu, ni n’ont déçu aucun de leurs utilisateurs.

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Oui, on y revient au bambou refendu, lentement mais surement.
Daniel Brémond a effectivement largement contribué a développer des profils bien plus dynamiques que ce qui ce faisait à une certaine époque.
Bien sur, au delà de 8 pieds, le carbone est difficile à détrôner pour des questions de poids, mais en deçà et avec ces profils « modernes », il y a débat. C’est l’avis unanime qui m’est donné sur les modèles que je fabrique.

Ne les ayant jamais essayés, tout en ayant lu et relu votre excellent ouvrage (les profils et certaines formules indiquées à la fin), je vous crois bien sûr sur parole. Il est dommage que ces modèles soient si difficiles à se procurer.

Il est effectivement très difficile d’en avoir, car aucun constructeur « officiel » ne pourrait en vivre, ou alors le prix serait prohibitif pour du travail sérieux. On ne peut que se tourner vers des constructeurs amateurs qui acceptent d’en vendre à un prix décent (c’est tout de même autour de 1000 euros voire plus !). Il y a un bon constructeur en Ardèche à condition de lui imposer le profil que l’on souhaite et d’accepter le coût (autour de 1400 euros) . Il réalise même des assemblages « virole bambou » qui sont fiables. Personnellement je n’en construis plus beaucoup, ne serait-ce que parce que je n’ai plus trop de temps à y consacrer, ni peut-être l’envie (on vieillit!). Il y a aussi le fait que si le meilleur système d’assemblage, celui qui assure la meilleure action, est et reste l’assemblage en sifflet, les personnes qui me demandent une canne préfèrent un assemblage par une virole. Il y a désormais des viroles en carbone et cela donne satisfaction. Elles sont arrivées après la rédaction de mon livre, aussi n’y figurent-elles pas. C’est un bon compromis malgré tout.